Carpe diem
Ces jours-ci, je traduis un texte dans lequel une mère, après sa mort, demeure présente dans sa maison sous la forme d’un fantôme. Sa famille ne peut plus la voir, mais elle, elle les voit. Elle voit ses enfants poursuivre leur vie sans elle. Evidemment, c’est déchirant. Elle se dit : J’ai gâché mon temps à me soucier de choses secondaires au lieu d’être avec eux. Je n’ai pas été assez attentive. Je ne les ai pas assez respirés.
En traduisant, je pense à mes enfants à chaque page. Laquelle d’entre nous, les mères, n’est pas torturée par cette idée de ne pas être suffisamment là ? Si tout devait s’arrêter dans une minute, si nous n’avions pas d’autre chance, pas de lendemain pour espérer nous rattraper, que ferions-nous différemment ?




