L'amour parental
A la Toussaint, nous sommes partis à Marseille quelques jours, parce que les enfants rêvaient de prendre le train de nuit et que je rêvais moi de leur faire découvrir la lumière du Sud.
Alors nous avons pris le train et débarqué à Marseille Blancarde, pour passer quelques jours dans un appartement de tourisme avec ma belle-famille. Nous avons marché le long de la corniche jusqu’à la plage du Prophète où les enfants se sont baignés, nous avons mangé des panisses et grimpé jusqu’à la Bonne Mère, nous avons bu du vin en terrasse sur le Cours Julien et à la Plaine pendant que les enfants jouaient sur la structure centrale. Maintenant, ils veulent habiter à Marseille quand ils seront grands.
Un des soirs là-bas, j’ai fait sécession d’avec ma famille pour sortir dîner avec un de mes meilleurs amis. Nous nous connaissons depuis le cours préparatoire, soit plus de trente ans. Nous ne nous sommes jamais quittés, où que la vie nous ait envoyés l’un et l’autre. Nous avons des vies différentes, mais nous nous appelons tous les mois pour nous raconter des secrets. Le lien entre nous ne s’est jamais rompu, notre amitié d’enfants est devenue une amitié d’adultes, et plus le temps passe et plus c’est un de mes interlocuteurs préférés.
Mon ami n’a pas d’enfants, et c’est un choix. Ce soir-là, alors que nous dînons dans un restaurant italien, il me demande si c’est vrai, que le domaine de l’amour s’étend au fur-et-à-mesure des naissances, si c’est vrai qu’on trouve toujours plus d’amour à donner, que ça se répartit équitablement. Il se pose des questions sur l’amour, plus généralement.




